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Hockey subaquatique

par Michel Langlois

Un sport à découvrir

 

À première vue, le hockey subaquatique semble sorti de nul part. Pourtant, il existe plusieurs clubs au Québec. Il se pratique partout au Canada, et au moins 30 pays, répartis sur les cinq continents, s’y adonnent. Même si le hockey n’est toujours pas un sport Olympique, tous les deux ans depuis 1980, il se tient les Championnats Mondiaux sanctionnés par la Confédération Mondiale des Activités Subaquatiques. Au Canada, c’est la Canadian Underwater Games Association qui a le mandat de développer cette jeune discipline sportive. Au Québec, c’est la Fédération Québécoise des Activités Subaquatiques.

Depuis la médaille d’or du Canada en 1986 en Australie, le hockey s’est considérablement développé au pays. Des résultas comme ceux-la ne furent pas les seuls pour le Canada. Il y a eu le bronze en 1988, en 1990 et 2000 pour les hommes, et l’argent successivement en 2000 et 2002 pour les femmes. Les athlétes québécois ont toujours représenté une large part du contingent canadien. De 1986 à 1990, presque 100%, depuis 1998 une moyenne de 75%, sinon plus. Sur la scène canadienne, longtemps dominée par la Colombie-Britannique avant 1986, le Québec est sans conteste la province la plus médaillée au pays. Le Québec, comme le reste du Canada, a également son lot de compétitions locales. Le Club Aquatique John F. Kennedy de Montréal tient depuis 1993 un tournoi annuel incontournable, alors que la ville de Québec est á sa 8e édition cette année. Du côté récréatif, hockey se pratique à Montréal, à Québec, à Rimouski, à Sherbrooke, à l’université, au cégep, à la polyvalentes du coin et même dans certains clubs de plongée.


Pour apprécier ce sport, vous devez y participer

S’il s’en pratique tant, alors comment se fait-il que le hockey subaquatique soit si peu connu du grand public? La réponse est simple. Dans sa pratique, le hockey n’est pas une fiction. Une fois la tête à l’eau, on apprécie toute la dynamique de ce sport. Pour le spectateur, il est peut-être plus près d’une réalité virtuelle à cause de son accessibilité peu orthodoxe. Disons qu’on ne se rend pas à la piscine comme on se rend l’aréna pour assister à un match de hockey. Pour découvrir ce sport, vous devez y participer ou y avoir accès par la vidéo. D’un autre côté, il est peu connu parce que rares sont les reportages télé ou radio qui lui sont consacrés. En vérité, le sport amateur au Québec n’est-il pas le parent pauvre des médias sportifs? On préfère plutôt débattre du sort des millionnaires du sport professionnels.

D’où vient le hockey?

 

Inventé en Angleterre en 1954 par le regretté Monsieur Alan Blake, décédé le 14 août 2000, le hockey subaquatique s’est tout d’abord implanté dans le Commonwealth. Le hockey est né du besoin des amateurs de plongée de garder la forme durant l’hiver. Bien avant l’apparition de sa première réglementation officielle vers la moitié des années 60, il se tenait des rencontres amicales entre clubs. Au tout début, le jeu, très rudimentaire, consistait simplement à pousser une rondelle de laiton avec une petite fourche en bois (photo 1).

Après une vingtaine d’années de poussage de rondelle et de parties de bras de fer le long des parois de piscine, un nouveau modèle de bâton vint révolutionner la pratique du hockey. Depuis, les temps ont bien changé avec l’avènement des produits de plongée améliorés, des rondelles recouvertes de polyéthylène et surtout la démocratisation de la forme du bâton. Au Québec, c’est Monsieur Rodrigue Sarrazin qui importa le hockey dans la province suite à un voyage de plongée au États-Unies il y a une trentaine d’années. Qui sait ce que la plongée peut amener?

Comment joue-t-on?

 

Souvent, beaucoup nous imaginent à tort en position verticale muni d’un bâton de hockey sur glace, alors qu’au contraire nous sommes en position horizontale, évoluant parallèlement au fond de la piscine équipé de palmes, d’un masque, d’un tuba, d’un gant et d’un bâton de 30 centimètres. Mais ne cherchez ni bâton, ni gant ni rondelle dans les boutiques de sports. Hormis l’équipement de plongée, ce sont les adeptes du hockey qui fabriquent leurs pièces d’équipement. Les rondelles sont importées de pays comme la France, l’Angleterre et surtout l’Australie. D’ailleurs, la rondelle, toujours au fond, fait 1.5 kg. Placés à chaque extrémité de la piscine, les buts profilés comme un porte-poussière font trois mètres de long. Identifiée par la couleur du bonnet de water-polo et du bâton, chaque équipe est composée de dix joueurs : six à l’eau et quatre suppléants. Le contrôle d’une rencontre se fait sous la bonne garde de trois arbitres. Il y en a deux à l’eau qui veillent au respect des règlements, et un autre à l’extérieur de l’eau qui commande à l’aide d’un signale sonore les mises ou arrêts de jeu selon les signaux des arbitres à l’eau. En temps réglementaire, un match dure 33 minutes, soit deux périodes de quinze minutes espacées d’une mi-temps de trois minutes durant laquelle les équipes changent de côté.

Les comparaisons avec le water-polo et parfois même avec la plongée sous-marine sont nombreuses, mais fausses. Au hockey, il n’y a ni ballon, ni ceinture de plomb, ni long tuba, ni cylindre d’air. Le hockey se pratique en apnée dans une profondeur plus ou moins de deux mètres. La surface de jeu fait 25 par 15 mètres, et comporte une ligne médiane, deux zones en ellipses de six et de trois mètres devant chaque but. 

Le jeu tactique est sensiblement comparable au hockey sur glace. Toutefois, les joueurs jouent très rapprochés l’un des autres, car une passe fait en moyenne trois mètres. Il n’y pas de gardien posté au filet. Il progresse plutôt avec le reste de la formation. La réglementation émise par la CMAS proscrit tout contact physique contre un opposant, et tout équipement rigide. Les règles du jeu reposent sur l’idée que seul le bâton peut entrer en contact avec la rondelle. Aucune mise en échec n’est possible (du à la résistance de l’eau), et aucun accrochage n’est toléré. Le hockey subaquatique n’est pas un sport extrême.

Qui peut jouer au hockey?

Comme tout sport, le hockey subaquatique comporte ses exigences cardiovasculaires. Mais, il est faux de s’imaginer qu’il faut rester longtemps au fond de l’eau pour être un bon hockeyeur. C’est un sport accessible à tous. Pour en savoir plus sur son histoire, sa réglementation ou sa pratique, visitez les nombreux sites sur le net à l’aide des mots-clés “ hockey subaquatique ” ou “ underwater hockey ”. Ou pour tenter l’expérience, contactez la Fédération Québécoise des Activités Subaquatiques.



 
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Dernière mise à jour: Mardi, 01 avril 2014
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